Nicolas Tronchon

Nicolas Tronchon, qui avec sa femme, a fait des donations importantes à la commune est né le 15 juin 1759 à Marcilly fils de Nicolas Tronchon et Nicole Marest. Il avait pour parrain Louis Dupré, secrétaire du Roy à Saint Soupplets et pour marraine Marie Jeanne Leroy (femme de Jean Marest) sa grand-mère, retiré à Fontaine.

Ses ancêtres connus les plus anciens sont Jehan né vers 1550 et Etiennette Lebel. Ils sont propriétaires à Varredes en 1631. 5 générations vont ainsi vivre à Varredes. C’est Nicolas 1 qui quitte au 18ème siècle Varreddes pour s’installer à Douy, puis Saint Soupplets, à la ferme de l’Ertille appartenant à Monsieur le président Briçonnet. Il décède le 31 octobre 1739, il avait 51 ans. Sa femme Jeanne Hideux, décède le 3 février 1757, fermière de Monsieur Briçonnet, conseiller d’honneur au parlement de Paris, seigneur du fief des Tournelles à Saint Soupplets. Leur fils Nicolas ll est laboureur à Marcilly, fermier des Dames de la Fontaine. C’est là que va naître Nicolas III en 1759.

Il fait ses études au Collège Séminaire de Meaux, puis à Paris. Il passe ses examens d’avocat en Parlement. En 1733, à la distribution des prix du Collège Séminaire les plus belles couronnes furent disputées par Tronchon de Marcilly et par Ange Macquin.

Il fut pourvu le 25 Janvier 1786 d’un office de conseiller du roi, élu en l’élection de Meaux.

Il épouse en 1779 à Bouillancy, Marguerite Charlotte Suzanne Prévost (1754-1822) fille de Pierre André Prévost cultivateur à Vincy Manœuvre.

Ils reprirent en 1779 la ferme du père de Marguerite à Bouillancy où ils restèrent jusqu’en 1784 et où ils eurent comme enfants : Nicolas 1780, André 1781, Charlotte épouse Benoist 1783. Ils cultivèrent ensuite la ferme de Fossemartin et ils eurent comme enfants : Victoire épouse Lemoine 1785, Rosine épouse Dhuicque 1787, Jean 1788, Sophie épouse Borniche 1789.

Lors de la disette de 1789 due à la mauvaise récolte de 1788, il approvisionne en grains la ville de Meaux et reçoit le 6 novembre 1789 une médaille d’or qui lui fut décernée en séance solennelle « Pro annona largitur eftusa in tempore duro ». Une école ainsi qu’une rue porte son nom à Meaux, et le nouveau collège de Saint Soupplets a reçu également son nom.

L’année suivante le 29 décembre 1790 la Société Royale d’Agriculture lui décernait également une médaille d’or. Ayant acquis une grande popularité il se présenta en 1791 aux élections législatives et fut envoyé par les électeurs de l’Oise (Réez Fossemartin avait été englobé dans le département de l’Oise) à l’Assemblée Legislative.

Alors commença sa carrière politique qui dura jusqu’à la fin de ses jours, et qu’il mena de front avec sa ferme. A l’Assemblée Législative il siégea parmi les Constitutionnels, il était secrétaire lors de l’insurrection du 10 août 1792 et ce fut lui qui reçut le jeune Dauphin et le garda dans ses bras pendant une partie de la séance lorsque la famille royale se réfugia au sein de la législative. De 1793 à 1815 il se retira de la vie publique et devint administrateur du département de l’Oise et Conseiller Général. Il ne reparut à la Chambre que pendant les Cent Jours (1815) puis de 1817 à 1822, enfin en 1827.

Il achète le Château de Maulny en 1815. Dès son arrivée à Saint Soupplets avec sa femme ils se préoccupent du sort des enfants. Le 1er décembre 1819, ils font donation d’une maison qu’ils possèdent pour y créer une école d’enseignement mutuel. Deux de ses filles habitaient l’une à Brégy, l’autre à Puisieux, ils aident également ses deux villages à fonder des écoles publiques.

Il perd sa femme en 1822. En 1811, il avait laissé sa ferme à son fils aîné. Il décéda à Saint Soupplets le 7 novembre 1828 d’une maladie de langueur. Son oraison funèbre fut prononcée par Mr Bully, principal du Collège.

Ses deux fils Nicolas, cultivateur à Bouillancy puis à Fossemartin et André, cultivateur à Nogeon, furent successivement députés de l’Oise de 1791 à 1836.

Plusieurs de ses discours remarqués ont été imprimés par ordre de la Chambre.

En 1856, les héritiers de Nicolas Tronchon, chevalier de la légion d’honneur, membre de la chambre des députés, prient le conseil municipal de bien vouloir les autoriser à placer sur l’une des parois intérieures de l’église une pierre commémorative à la mémoire de leur parent. Le conseil est d’accord à l’unanimité.

Cette plaque est actuellement dans le hall d’entrée du château de Maulny, la mairie.

Lors du transfert du cimetière en 1856, le conseil, en reconnaissance des services rendus abandonne une concession à perpétuité à gauche de la grande croix dans la partie A du plan où seront transférés les restes de Nicolas Tronchon et de Marguerite Prévost sa femme. En 1999, la tombe qui était complètement à l’abandon a été restaurée par la commune.

Ses nombreux descendants-il a eu 7 enfants, 34 petits enfants, et environ 91 arrières petits-enfants- sont pour beaucoup restés dans la région, la plupart cultivateurs et maires de leur commune.

Extrait de "Saint Soupplets
Souvenirs d'un village sans histoire" d'Annie Chambault