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Saint Soupplets - Son histoire

Saint Soupplets, de Saint-Sulpice patron de la paroisse a subi des orthographes très diverses :
Sanctus Sulpitius, Saint-Suplex-en-Multien, Saint-Suplest, Saint-Souplet, Saint-Souplest...

 

Il était une fois...

Sulpice le Pieux ou le Débonnaire né vers 570 à Voitan dans le Berry fut archichapelain de Clotaire II en 615 puis évêque de Bourges. D'une grande renommée dans la région pour avoir construit beaucoup d'églises et monastères et fait supprimé un impôt exorbitant sur la ville de Bourges, son décès le 17 juin 647 fut pleuré dans toute la province. De nombreux lieux de culte pour prier à sa mémoire ont dû être érigés un peu 

partout, dont un à Saint Soupplets. Ce qui remonterait l'origine du nom actuel vers le VIIIe 

siècle.


Le site fut habité dès la plus haute antiquité en témoignent la quantité de silex, hache celtique, polissoir ainsi que par les gallo-romains dont la trace se retrouve dans les noms de nombreux lieux-dits où ont été retrouvées briques, tuiles, poteries etc...

Situé sur un plateau, à 127 m d'altitude, Saint Soupplets fait partie du canton de Dammartin, arrondissement de Meaux, région Ile de France. Sa population a longtemps oscillé aux alentours de 600 à 800 habitants.

C'était autrefois une paroisse de l'archidiaconé de France, doyenné de Dammartin, collateur le Chapitre de Meaux. L'un des principaux seigneurs était le Prince de Condé et bien que faisant partie du Diocèse de Meaux, Saint Soupplets était régi par les coutumes de Paris.

Le village était divisé en de nombreux fiefs ; le fief des Carneaux ou fief des Bureaux ou fief du Château ; le fief de la Malmaison ; le fief de Vitry ; le fief de Maulny ; le fief de Verrières ; le fief de la Chevée ; le fief des Tournelles ; le fief de la Pinone. Tous ces fiefs appartenaient à de grandes familles. Ils ont été dispersés au moment des successions. Certaines fermes existent toujours : la ferme du Château, la ferme de la Malmaison, la ferme de la Chevée, la ferme Boisseau.

De nombreux établissements religieux se partagent aussi les terres : Le prieuré Saint-Nicolas de Noëfort, la Chapelle Saint-Leu, le Chapitre de Meaux, les Carmélites Saint-Jacques de Paris, les Carmes de Crégy, le Chapitre Saint-Saintin de Meaux, l'Abbaye de Chaage, la Commanderie de Choisy-le-Temple, le Séminaire de Meaux, l'Abbaye de Chambrefontaine, le monastère de Fontaine-les-Nonnes à Marcilly, le Saint-Sépulchre d'Allemagne à Montgé, la fabrique de Nanteuil-les-Meaux, les seigneurs de Monthyon, le Grand Hôtel Dieu de Meaux. Tous les biens possédés par ces établissements ont été vendus à la révolution comme Biens Nationaux.

C'est dans la maison du maire que se font les premières réunions de Conseils. Très vite les conseillers ne sont pas d'accord. En 1833 les réunions se font à l'école; mais il faut attendre que les classes soient terminées. En 1861 le maire fait faire des plans qui ne vont jamais. Il faudrait mettre les classes au rez-de-chaussée, mairie au premier, logement instituteur au second. On change, mairie au rez-de-chaussée, classes au premier, non cela ne va pas. Pas de trace de plans, de dossiers, d'inauguration de l'immeuble qui est définitivement construit.

Très vite les classes sont devenues insuffisantes et il est rajouté deux classes à l'arrière du bâtiment. La population augmentant sans cesse c'est derrière, dans la cour qui seront construites les nouvelles classes. Puis la section maternelle est détachée de l'école élémentaire (baptisée Henri Caroly en 2001) et ira s'installée dans des locaux flambants neufs près de la nouvelle mairie. A la demande des habitants une cantine est construite en 1982.

En 1650 il y a trace d'un maître d'école dans le village. En 1718 Jacques Hallet est choisi comme maître d'école et ses descendants vont occuper les lieux jusqu'en 1839. D'après une description cette école se trouvait sur la place actuelle, entre l'église et l'ancien cimetière. Nicolas Tronchon, qui a acheté le Château de Maulny en 1815 s'inquiète de l'instruction des enfants et fait avec sa femme don d'une maison qu'ils possèdent pour y créer une école d'enseignement mutuel.

La mairie est devenue trop petite et ne peut être agrandie. Les héritiers de Mme Mackintosch, propriétaires du Château de Maulny (ancien fief) font une proposition au maire, les conseillers sont d'accord, tout va très vite, le 24 novembre 1970 est signé l'acte de vente. Des travaux sont réalisés et la mairie s'installe dans ses nouveaux locaux. Encore une fois les bureaux d'accueil et la salle de réunion sont devenus trop petits. En 1996 l'agrandissement est décidé, derrière le château, dans le parc. Les services de la mairie emménagent dans leurs nouveaux locaux en septembre 1999.

C'est dans l'ancienne mairie que les services de la Poste, eux aussi à l'étroit dans leur ancien bureau sont venus s'installés après le déménagement de la mairie.

L'église rebâtie en partie au Ve siècle a 3 nefs, un gros pilier rectangulaire qui date du 13e siècle, des fenêtres plein cintre de la 3e époque romane. L'ensemble a été remanié au 15e siècle, consacrée le 26 août 1492, comme indiquée sur la pierre de l'autel de la chapelle nord.

Près du clocher devait être la chapelle seigneuriale, la famille Bureau étant à cette époque propriétaire du fief du château. Située au ras d'une route très fréquentée la costière nord s'est petit à petit enfoncée et déjà en 1851 le conseil très inquiet demande des devis, rapports d'urgence ou non urgence, situation de péril, demandes qui vont se succéder durant de nombreuses années. Enfin en 1981 commencent les travaux de rénovation qui vont durer environ une quinzaine d'années. Durant cette rénovation des superbes peintures murales ont été découvertes sur les piliers. Ont été restaurées les plus récentes datant de 1650 ou 1700 mais en-dessous se trouvent des fresques pouvant être datées de 1520/1550.

La commune est alimentée en eau par différents puits creusés un peu partout, mais en période de sécheresse ils étaient souvent à sec. C'est en 1846 que le conseil s'inquiète du problème. Trois sources près du bois de Montgé vont être reliées et par tuyaux l'eau sera acheminée à une fontaine. Il faut acheter un terrain les tractations vont être longues enfin la fontaine est inaugurée par M. Bégué, maire en 1855. Un lavoir rénové tout récemment et un abreuvoir, qui sera très vite démoli, vont être construits à côté. Un réservoir va bientôt remplacer les sources, les besoins en eau augmentant sans cesse un autre puits est creusé au lieu dit La Treille en 1976, et un deuxième puits est foré à côté en 1987.

Saint Soupplets fut au chœur de la bataille de la Marne. Le 5 septembre la bataille commence à Monthyon où est tiré vers midi le premier coup de canon. La bataille s'engage dans la plaine et vers Saint Soupplets dans le bois des Tillières. Soixante dix huit morts y seront dénombrés. Un monument commémoratif est construit, déplacé en 1981 il se trouve maintenant à l'entrée de la cour de la Mairie. C'est un des rares monument aux morts où sont inscrits d'un côté les soldats du village tués au cours du conflit et de l'autre les soldats tués lors des combats des 5 et 6 septembre 1914.

En 1869 un projet très intéressant est en préparation par les Ponts et Chaussées : la construction d'un tramway entre Meaux et Dammartin. Quarante et un an de tracés sans arrêt modifiés, de plan de financement fluctuant au gré des élections. Enfin le 23 novembre 1910 a lieu l'inauguration. La guerre de 1914 arrête le trafic qui reprend faiblement en 1921. En 1935 un service de cars est mis en route entre Saint Soupplets et la Gare du Nord et entre Meaux et Saint Soupplets. En 1938 la ligne est fermée au service public (à titre provisoire) le 1er septembre 1938. La Seconde Guerre aura raison du tacot, en 1943 les allemands démontent les rails entre Saint Soupplets et Dammartin. La Sucrerie de Villenoy qui en 1938 avait racheté la section Meaux-Saint Soupplets pour le transport des betteraves cesse cette activité en 1958, des travaux trop importants devant être faits sur la voie.

 

Annie Chambault - Saint Soupplets - 2003

 

Nicolas Tronchon

Nicolas Tronchon, qui avec sa femme, a fait des donations importantes à la commune est né le 15 juin 1759 à Marcilly fils de Nicolas Tronchon et Nicole Marest. Il avait pour parrain Louis Dupré, secrétaire du Roy à Saint Soupplets et pour marraine Marie Jeanne Leroy (femme de Jean Marest) sa grand-mère, retiré à Fontaine.

Ses ancêtres connus les plus anciens sont Jehan né vers 1550 et Etiennette Lebel. Ils sont propriétaires à Varredes en 1631. 5 générations vont ainsi vivre à Varredes. C’est Nicolas 1 qui quitte au 18ème siècle Varreddes pour s’installer à Douy, puis Saint Soupplets, à la ferme de l’Ertille appartenant à Monsieur le président Briçonnet. Il décède le 31 octobre 1739, il avait 51 ans. Sa femme Jeanne Hideux, décède le 3 février 1757, fermière de Monsieur Briçonnet, conseiller d’honneur au parlement de Paris, seigneur du fief des Tournelles à Saint Soupplets. Leur fils Nicolas ll est laboureur à Marcilly, fermier des Dames de la Fontaine. C’est là que va naître Nicolas III en 1759.

Il fait ses études au Collège Séminaire de Meaux, puis à Paris. Il passe ses examens d’avocat en Parlement. En 1733, à la distribution des prix du Collège Séminaire les plus belles couronnes furent disputées par Tronchon de Marcilly et par Ange Macquin.

Il fut pourvu le 25 Janvier 1786 d’un office de conseiller du roi, élu en l’élection de Meaux.

Il épouse en 1779 à Bouillancy, Marguerite Charlotte Suzanne Prévost (1754-1822) fille de Pierre André Prévost cultivateur à Vincy Manœuvre.

Ils reprirent en 1779 la ferme du père de Marguerite à Bouillancy où ils restèrent jusqu’en 1784 et où ils eurent comme enfants : Nicolas 1780, André 1781, Charlotte épouse Benoist 1783. Ils cultivèrent ensuite la ferme de Fossemartin et ils eurent comme enfants : Victoire épouse Lemoine 1785, Rosine épouse Dhuicque 1787, Jean 1788, Sophie épouse Borniche 1789.

Lors de la disette de 1789 due à la mauvaise récolte de 1788, il approvisionne en grains la ville de Meaux et reçoit le 6 novembre 1789 une médaille d’or qui lui fut décernée en séance solennelle « Pro annona largitur eftusa in tempore duro ». Une école ainsi qu’une rue porte son nom à Meaux, et le nouveau collège de Saint Soupplets a reçu également son nom.

L’année suivante le 29 décembre 1790 la Société Royale d’Agriculture lui décernait également une médaille d’or. Ayant acquis une grande popularité il se présenta en 1791 aux élections législatives et fut envoyé par les électeurs de l’Oise (Réez Fossemartin avait été englobé dans le département de l’Oise) à l’Assemblée Legislative.

Alors commença sa carrière politique qui dura jusqu’à la fin de ses jours, et qu’il mena de front avec sa ferme. A l’Assemblée Législative il siégea parmi les Constitutionnels, il était secrétaire lors de l’insurrection du 10 août 1792 et ce fut lui qui reçut le jeune Dauphin et le garda dans ses bras pendant une partie de la séance lorsque la famille royale se réfugia au sein de la législative. De 1793 à 1815 il se retira de la vie publique et devint administrateur du département de l’Oise et Conseiller Général. Il ne reparut à la Chambre que pendant les Cent Jours (1815) puis de 1817 à 1822, enfin en 1827.

Il achète le Château de Maulny en 1815. Dès son arrivée à Saint Soupplets avec sa femme ils se préoccupent du sort des enfants. Le 1er décembre 1819, ils font donation d’une maison qu’ils possèdent pour y créer une école d’enseignement mutuel. Deux de ses filles habitaient l’une à Brégy, l’autre à Puisieux, ils aident également ses deux villages à fonder des écoles publiques.

Il perd sa femme en 1822. En 1811, il avait laissé sa ferme à son fils aîné. Il décéda à Saint Soupplets le 7 novembre 1828 d’une maladie de langueur. Son oraison funèbre fut prononcée par Mr Bully, principal du Collège.

Ses deux fils Nicolas, cultivateur à Bouillancy puis à Fossemartin et André, cultivateur à Nogeon, furent successivement députés de l’Oise de 1791 à 1836.

Plusieurs de ses discours remarqués ont été imprimés par ordre de la Chambre.

En 1856, les héritiers de Nicolas Tronchon, chevalier de la légion d’honneur, membre de la chambre des députés, prient le conseil municipal de bien vouloir les autoriser à placer sur l’une des parois intérieures de l’église une pierre commémorative à la mémoire de leur parent. Le conseil est d’accord à l’unanimité.

Cette plaque est actuellement dans le hall d’entrée du château de Maulny, la mairie.

Lors du transfert du cimetière en 1856, le conseil, en reconnaissance des services rendus abandonne une concession à perpétuité à gauche de la grande croix dans la partie A du plan où seront transférés les restes de Nicolas Tronchon et de Marguerite Prévost sa femme. En 1999, la tombe qui était complètement à l’abandon a été restaurée par la commune.

Ses nombreux descendants-il a eu 7 enfants, 34 petits enfants, et environ 91 arrières petits-enfants- sont pour beaucoup restés dans la région, la plupart cultivateurs et maires de leur commune.

 

Extrait de "Saint Soupplets
Souvenirs d'un village sans histoire" d'Annie Chambault

 

Henri Caroly

Henry est né le 7 octobre 1884 à Neuilly sur Seine. Il y passe une enfance heureuse, entouré de ses frères et sœurs : Georges Suzanne, José, Madeleine et Frédéric. En 1895, ses parents achètent la propriété de « Maulny » à Saint Soupplets.
En 1902 sa sœur Madeleine se marie au village. En 1907 son père Joseph se propose d'électrifier la commune. Une usine électrique (machine à vapeur et génératrice) est installée à côté du lavoir. 
En 1910 les Sulpiciens qui le désirent peuvent bénéficier du courant électrique.

Pendant ce temps. Henri suit des cours de peinture à l'école des Beaux Arts à Paris. Ses peintures commencent à être appréciées par des connaisseurs. À 28 ans, il connaît le début du succès.
Il se marie en 1910 avec Mathilde Barbé. De leur union sont nés deux enfants; Jean-Paul en 1913 et Aliette en 1914.

Mais la guerre va bouleverser le destin de cette famille comme celui de milliers d'autres. Le 3 août 1914, La France déclare la guerre à l'Allemagne. Henri est mobilisé.

 


Extrait du carnet de route trouvé sur Henri Caroly (soldat en campagne) tué le 5 septembre à 6 heures du soir l'an 1914 de la grande guerre :

4 août :

Nous partons exactement à 3h58, l'enthousiasme est à son comble. le train est couvert de fleurs. à Brie-Comte-Robert les dames de la croix rouge nous offrent du café, de la menthe, des fruits, des médailles et des chapelets qui sont accueillis avec respect.
On ne voit plus le train, il est sous un monceau de fleurs.
Première page du carnet :
Si je suis tué, je prie le camarade qui trouvera ce carnet de bien vouloir l'envoyer à Mme Henri Caroly - 5, rue Magdebourg PARIS.
Dernière page de son carnet :

2 septembre :

Départ; 4 heures et demi de marche, retraite sur Liancourt que nous traversons, manquons de pain.
Traversons l'Oise sur pont de Cerhan Verneuil, grande halte à Malanigar.
Traversons forêt de Chantilly, marche pénible. Arrivé ce soir à Luzarches, repas de fortune, vivres de réserve.
Le train régimentaire est pris par l'ennemi à Senlis.
Allons un peu plus loin faire le café puis départ à 2 heures.

3 septembre :

Arrivons à Vémars vers Il heures pour prendre les petits postes.
Trouvons à Vémars à peu près tout ce que nous désirons dans les maisons désertées.
Je retombe et me couche sans dîner.
Dernier écrit la veille de sa mort :

4 septembre :

Le régiment est rassemblé dans une grande plaine à la porte du pays.
Nous attendons les événements
 

Lettre écrite par Henri à son père, le 1er septembre 1914 :

Mon cher père,
Il me serait très difficile de vous raconter tout ce que nous faisons en ce moment.
Je ne puis vous dire qu'une chose : c'est affreusement dur! Je me rappelle rai toute ma vie le dimanche 30 août. Nous avons commencé " notre journée à 2 heures et demi du matin et rentré le soir à minuit après 6 heures et demi de bataille. Notre mission était de maintenir les Allemands sur leurs positions pendant 6 heures et nous y sommes arrivés.
L'artillerie est extraordinaire, J'avais ma jumelle et j'observais les ravages : je vous assure que c'était bien terrible à voir, Le pays où nous nous trouvions (je puis maintenant vous le dire) était Pont à Mousson, c'est là où nous avons eu le baptême du feu. Nous Sommes restés sans manger pendant 3 jours et une moyenne de 35 km par jour, mais en revanche nous avons tenu ferme,
Je suis forcé de vous quitter mon cher père et je le regrette, une dame attend ma lettre pour vous la communiquer rapidement.
Je vous embrasse tous tendrement. Henri

Le 5 septembre 1914, l'ordre est donné à la compagnie d'enlever une batterie ennemie près de la Corne du bois de Saint Soupplets.
Henri qui connaît bien le pays se porte volontaire pour guider sa compagnie.
A l'orée du bois, il s'arrête contre un pommier, met un genou à terre.
L'adjudant Raymond Codron passe près d'Henri, étonné de ne pas le voir bouger.
Henri est mort, tué d'une balle dans la tête et une autre dans le flanc.
Il est mort à deux kilomètres à peine de la demeure familiale dans la campagne qu'il aimait peindre.
Son capitaine Paul Floquet l'a retrouvé le lendemain et l'a enseveli sur le bord du chemin qui va de Saint Soupplets à Monthyon tout près d'un gros noyer.
Il a planté une croix portant la médaille militaire.
Ce capitaine a envoyé tous ces détails et un croquis à la famille d'Henri qui a pu lui donner une sépulture décente dans le caveau familial du cimetière de Saint Soupplets.

 
Lettre du Capitaine Paul Floquet à la famille Caroly :

Soissons, ** septembre 1924
Monsieur,
Je viens remplir auprès de vous un très pénible et très douloureux devoir. Mon amitié pour ce pauvre Henri Caroly que j'avais connu depuis une dizaine d'années par la famille Vignié d'*** n'avait fait que s'accroître depuis un mois que j'avais vu Henri donner des preuves de courage moral dans la série d'épreuves et d'efforts physiques érigées par les événements.
Le destin a voulu que mon malheureux ami vienne après un mois de randonnées dans l'Est mourir à 1.500 mètres de chez lui dans 1e petit bois qui domine Saint Soupplets.
C’est le 5 septembre à six heures du soir que ce pauvre Henri est tombé sous les balles aux côtés de son capitaine blessé dans un mouvement de retraite sur la ferme de Champ Fontaine.
Je n'ai été informé de ce triste événement que le lendemain par un sergent de sa compagnie et ce n'est que le surlendemain que j'ai pu pendant une grande halte retrouver le corps d'Henri. Il était couché sur le dos au pied d'un petit pommier la face vers le ciel; une balle dans la tête et une autre dans le flanc l'avaient tué net. J'ai eu la consolation de pouvoir l'ensevelir moi-même sur le bord du chemin qui va de Saint Soupplets à Monthyon tout près d'un gros noyer en bordure de sentier. Une croix est plantée sur la tombe portant la médaille matricule, je crois d'ailleurs devoir vous joindre un croquis sommaire, restant à votre disposition pour vous indiquer personnellement l'emplacement au cas où vous ne pourriez le retrouver.
Quant aux papiers trouvés sur Henri, à son porte monnaie (contenant environ 20 francs)et à sa pipe qu'il affectionnait particulièrement, je les tiendrai à votre disposition dès que je pourrai vous les faire parvenir.
Croyez, Monsieur, que j'ai vécu au moment de l'ensevelissement d'Henri une des minutes les plus pénibles, non seulement de cette terrible guerre, mais encore de mon existence et que la fin tragique d’Henri m'a bouleversé profondément. J'ai dû faire appel à toute mon énergie de soldat et de chef pour surmonter mon émotion et chasser les pénibles pensées qui m'assaillaient.
Je songeais à la douleur de Madame Caroly sa mère que je connais, mais surtout de sa pauvre femme dont Henri m'avait dépeint le courage et l'énergie et aussi de ses enfants... Pauvres petits dont Henri ne pouvait parler sans s'attendrir. Vous pourrez leur dire, Monsieur, que leur père est mort en soldat, en brave, sans hésiter, qu'il s'est sacrifié pour son pays.
Je vous adresse, Monsieur, pour vous et votre famille les sentiments, très douloureux, très émus d'un ami d'Henri.
Paul FLOQUET, Capitaine 20e Compagnie, 278e d'Infanterie
Je vous demande, Monsieur, de bien vouloir comme souvenir m'envoyer une photographie de mon pauvre ami. Raoul Orépaux vous prie de cacher la nouvelle à sa mère pour lui éviter toute angoisse.

Mise à jour de la page le mercredi 31 mars 2021

MAIRIE DE SAINT SOUPPLETS

Château de Maulny
77165 Saint Soupplets

mairie@saint-soupplets.fr

Tél. : 01 60 01 50 49

Les horaires

Lundi et jeudi de 8h30 à 12h00 et de 13h30 à 18h00

Mardi et mercredi de 8h30 à 12h00

Vendredi de 8h30 à 12h00 et de 13h30 à 17h30

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